Les trois principaux types d'isolation thermique désignent ici trois familles de matériaux : minérale, biosourcée et synthétique. Elles se distinguent par leur composition, leur conductivité thermique, leurs usages et leurs limites. Le choix final de l'isolant dépend aussi de la paroi, du budget des travaux et des exigences de la RE2020.

Les trois types d'isolants thermiques

Un isolant sert à freiner les pertes de chaleur entre l'intérieur et l'extérieur du logement. De lui dépendent une bonne isolation thermique et donc les économies d'énergie. Comparer les différents types d'isolants suppose de savoir comment on les classe et avec quels indicateurs on mesure leur efficacité.

Trois échantillons d’isolants posés sur une étagère en bois avec une feuille verte et des étiquettes petites devant chacun.

Les familles de matériaux

On classe les isolants selon leur origine en trois familles : minérale, biosourcée et synthétique. Ce classement dit de quoi le matériau est fait, mais il ne dit rien de sa performance réelle ni de la paroi à laquelle il convient. Chaque famille est vendue en panneaux, en rouleaux ou en flocons, pour s'adapter à la configuration du bâtiment.

Les autres sens des types d'isolation

Selon le contexte, la même expression peut désigner les zones à isoler : la toiture et les combles, les murs, les planchers. Elle peut aussi désigner les techniques de pose : isolation par l'intérieur ou par l'extérieur, soufflage, épandage ou pose de panneaux.

Le classement par famille de matériaux permet de comparer directement les caractéristiques, les avantages et les limites des différents types d'isolants.

Mesurer la performance

Le premier indicateur est la conductivité thermique λ, exprimée en W/(m·K). Elle mesure la facilité avec laquelle la chaleur traverse un matériau. Plus λ est faible, plus le pouvoir isolant est élevé.

La résistance thermique R découle de cette valeur. Pour une couche homogène, elle se calcule ainsi : R = e / λ, où e est l'épaisseur en mètres et R s'exprime en m²·K/W. R augmente donc quand l'épaisseur croît ou quand λ diminue.

Ces valeurs doivent être fiables pour pouvoir comparer des produits. La certification ACERMI reconnaît officiellement le λ et le R déclarés. Selon le produit, elle couvre aussi ses caractéristiques mécaniques, son comportement à l'humidité et sa réaction au feu.

Les isolants minéraux en détail

La famille minérale est la plus présente dans les logements français. Ces matériaux sont d'origine naturelle mais transformés par l'industrie. Leurs laines couvrent une grande partie des usages courants, des combles jusqu'à l'isolation des murs.

Trois rouleaux de laine minérale beiges et deux panneaux d’isolation en fibre minérale sur fond clair.

Composition et applications

Cette famille comprend la laine de verre, la laine de roche, le verre cellulaire, la perlite expansée, la vermiculite et l'argile expansée. La laine de verre est fabriquée à partir de sable et de verre recyclé. Elle se pose en rouleaux, en panneaux ou en flocons dans les combles, les toitures, les cloisons, les bardages, les planchers et les doublages.

La laine de roche va du produit souple, qui se glisse dans les cavités, jusqu'au panneau dense. Elle s'emploie en façade sous enduit ou sous bardage, en toiture, en plancher et en cloison.

Performances et atouts

La conductivité de la laine de verre se situe généralement entre 0,030 et 0,040 W/(m·K). Celle de la laine de roche va de 0,033 à 0,045 W/(m·K). Ce niveau thermique et acoustique, pour un prix modéré, explique pourquoi ces laines sont si répandues.

Leur comportement au feu est un autre atout : selon le produit, elles sont classées A1 ou A2-s1,d0. Ce classement porte sur la réaction au feu du produit. Il ne dit pas si la paroi complète résiste au feu.

Limites à anticiper

Ces laines sont peu denses : la chaleur de l'été les traverse vite, ce qui limite le confort estival, surtout sous les combles. Ce faible déphasage est un inconvénient de l'isolant minéral. Une laine minérale ne doit pas non plus rester humide durablement. Il faut donc traiter l'étanchéité à l'air, les infiltrations et les transferts de vapeur.

Si elles restent en bon état, la laine de verre et la laine de roche ne perdent pas leur pouvoir isolant avec le temps. Leurs poussières sont en revanche irritantes : portez un masque, des lunettes et des gants pendant la pose.

Les solutions biosourcées naturelles

Les isolants biosourcés, dits aussi isolants naturels, sont issus de matières renouvelables, végétales ou animales. Ils intéressent les projets qui visent à la fois le confort d'été et un faible impact environnemental. Leur mise en œuvre demande toutefois une attention particulière à l'humidité.

Deux personnes portent des masques et touchent des panneaux isolants en laine minérale ou végétale.

Fibres végétales, recyclées et animales

Cette famille rassemble la fibre de bois, le chanvre, le lin, le coton, le liège, la paille, la ouate de cellulose, la laine de mouton et les plumes. Depuis l'arrêté du 2 juillet 2024, un matériau biosourcé est une matière issue en partie ou en totalité de la biomasse végétale ou animale. Il sert de matière première à des produits de construction ou de décoration.

La ouate de cellulose est fabriquée à partir de papiers recyclés. Ces papiers sont traités contre le feu, les moisissures et les rongeurs. Elle se souffle, s'insuffle dans les parois ou se pose en panneaux.

Atouts pour le confort

La laine de bois affiche couramment un λ de 0,036 à 0,050 W/(m·K). La laine de chanvre se situe entre 0,038 et 0,060 W/(m·K). Ces matériaux sont souvent plus denses que les laines minérales et offrent donc une meilleure inertie thermique. Ils retardent mieux l'entrée de la chaleur estivale, ce qui est particulièrement recherché dans les combles.

Cet avantage de confort s'ajoute à un impact environnemental généralement favorable. L'ADEME classe les fibres végétales, la ouate de cellulose, le liège et les fibres textiles parmi les isolants biosourcés ou recyclés. Chacun d'eux peut donc servir d'isolant écologique dans un projet bas carbone.

Précautions d'emploi

En vrac, la performance de la ouate de cellulose dépend de la densité avec laquelle elle est posée. Le tassement doit être anticipé, en particulier lorsqu'elle est insufflée dans une paroi.

L'humidité est un autre point à surveiller. Selon le CSTB, les techniques biosourcées de son guide concernent les locaux à faible ou moyenne hygrométrie. Si l'humidité devient anormalement élevée, le risque de moisissures augmente, notamment pour la laine de bois.

Chaque fibre a aussi ses propres limites. Le chanvre ne pourrit pas et résiste aux insectes, mais il est combustible. La laine de mouton convient aux murs et aux combles anciens, à condition que son traitement contre les insectes soit suffisant.

Les mousses synthétiques

Issus de la pétrochimie, les isolants synthétiques isolent beaucoup avec peu d'épaisseur. Ils résistent bien à l'eau et à l'écrasement, ce qui les rend intéressants pour certaines parois. Ils sont en revanche moins bons pour le confort d'été et l'environnement.

Produits et usages courants

Cette famille comprend cinq grands produits. Chacun a son domaine d'emploi :

  • Polystyrène expansé (PSE) : isolation par l'extérieur sous enduit, doublage et pose sous dallage, selon le produit.
  • Polystyrène extrudé (XPS) : soubassements, parties enterrées, planchers, locaux humides et certaines toitures-terrasses.
  • Polyuréthane : toitures, murs, planchers et sous-dalles quand l'épaisseur disponible est limitée.
  • Polyisocyanurate et mousse phénolique : panneaux rigides qui isolent sous une faible épaisseur.

Le polyuréthane se distingue par un λ compris entre 0,021 et 0,028 W/(m·K). C'est l'un des isolants courants les plus performants par centimètre d'épaisseur.

Gain de place et résistance

Les polystyrènes sont un peu moins performants. Le XPS présente généralement un λ de 0,029 à 0,038 W/(m·K), et le PSE de 0,030 à 0,040 W/(m·K).

Le XPS a des cellules fermées, ce qui le rend résistant à l'eau et à l'écrasement. Si le panneau doit supporter une charge, vérifiez à la fois son λ, sa résistance à la compression, sa déformation sous charge, sa stabilité dimensionnelle et l'emploi autorisé par son document technique.

Les panneaux isolants sous vide (PIV) permettent de gagner encore plus de place : 1 cm de PIV équivaut à environ 6 cm de PSE. Ces panneaux sont fragiles et ne peuvent pas être recoupés. Ils exigent aussi un support parfaitement plan.

Limites des mousses

Leur faible densité explique leur déphasage limité, et leur impact environnemental est plus lourd que celui des biosourcés. Elles isolent peu du bruit : on les associe parfois à un autre matériau.

Le feu est leur principal point faible. Les polymères sont généralement combustibles et peuvent dégager des fumées toxiques en cas d'incendie. Les parements multicouches des panneaux PUR ou PIR bloquent aussi fortement la vapeur et l'air. Il faut donc les intégrer dans la gestion de l'humidité de toute la paroi.

Conseil

Choisissez l'isolant selon la paroi, pas seulement la famille

Minéral, biosourcé ou synthétique : aucune famille ne convient partout. Le choix final dépend de la paroi à isoler, de la place disponible, de l'humidité, du budget des travaux et des exigences de la RE2020.

Comparatif selon chaque paroi

Chaque paroi a ses propres contraintes : place disponible, charges, humidité, exigences des aides. Ce comparatif associe à chacune les isolants adaptés et la résistance thermique visée. Il précise ensuite les conditions de mise en œuvre, les prix usuels et les exigences réglementaires.

Schéma de l’isolation d’une maison montrant les murs, le plancher bas et l’architecture du toit avec des éléments isolants

Choisir selon la paroi

Les niveaux de résistance fixés par les fiches CEE et les dispositifs d'aide servent de repère. Ils orientent le choix de l'isolant pour chaque partie du logement :

  • Combles perdus et rampants : laine minérale déroulée ou soufflée, ou ouate soufflée. Les fiches CEE demandent R ≥ 7 m²·K/W en combles perdus et R ≥ 6 m²·K/W en rampants.
  • Murs : l'isolation par l'intérieur permet de conserver la façade, tandis que l'isolation par l'extérieur traite mieux les ponts thermiques.
  • Planchers bas : panneaux rigides de PSE, de XPS ou de polyuréthane, posés sur la dalle ou en sous-face accessible.

Pour l'isolation des murs, le niveau couramment demandé est d'environ R = 3,7 m²·K/W par l'intérieur et R = 4,4 m²·K/W par l'extérieur. Pour l'isolation des sols, certains dispositifs demandent R ≥ 3 m²·K/W.

ParoiIsolants adaptésRésistance visée
Combles perdusLaine minérale, ouate souffléeR ≥ 7 m²·K/W
Rampants de toitureLaine minérale, biosourcésR ≥ 6 m²·K/W
Murs par l'intérieurLaine de verre, biosourcés, moussesR ≈ 3,7 m²·K/W
Murs par l'extérieurPSE sous enduit, laine de rocheR ≈ 4,4 m²·K/W
Plancher basPSE, XPS, polyuréthaneR ≥ 3 m²·K/W

Préserver la performance réelle

L'isolation par l'intérieur coûte souvent moins cher. Elle réduit en revanche la surface habitable et oblige parfois à déplacer des prises ou des radiateurs. La vapeur d'eau doit aussi être gérée avec rigueur.

L'isolation par l'extérieur enveloppe tout le bâtiment. Elle conserve l'inertie des murs intérieurs. En contrepartie, elle coûte plus cher, modifie la façade et peut nécessiter une autorisation ou une décision de la copropriété.

Quelle que soit la technique choisie, l'enveloppe doit être continue, sans ponts thermiques, étanche à l'air et correctement ventilée. Si une paroi présente des signes d'humidité, traitez-la avant de poser l'isolant.

Budget et exigences de projet

En rénovation, les prix se situent autour de 20 à 70 €/m² pour des combles perdus et de 30 à 90 €/m² pour un plancher. Les murs coûtent 40 à 90 €/m² par l'intérieur. Par l'extérieur, comptez 120 à 270 €/m². Les CEE restent possibles pour les murs, sous conditions, si R ≥ 3,7 m²·K/W. MaPrimeRénov' finance les murs uniquement dans un parcours de rénovation d'ampleur.

MaPrimeRénov' Copropriété peut prendre en charge 30 % des travaux si le gain énergétique atteint au moins 35 %. Ce taux passe à 45 % à partir de 50 % de gain, dans la limite de 25 000 € de travaux par logement. Pour l'isolation thermique d'une maison neuve, la RE2020 s'applique depuis le 1er janvier 2022. Elle évalue le bâtiment dans son ensemble (Bbio, Cep, confort d'été, carbone) sans imposer d'épaisseur universelle. BET-Thermique définit les épaisseurs d'isolants adaptées au projet et conformes à la réglementation.

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Foire aux questions

Qu'est-ce que l'isolation répartie et dans quels cas l'utiliser ?

Dans l'isolation répartie, ce sont les murs porteurs eux-mêmes qui isolent, par exemple des briques à alvéoles ou des blocs monomurs en terre cuite ou en béton cellulaire. Elle convient aux constructions neuves ou aux gros travaux sur la structure porteuse. On l'emploie en maison individuelle et dans des immeubles collectifs jusqu'à 3 à 4 étages. Elle peut réduire les ponts thermiques et les risques de condensation.

Quel est le meilleur type d'isolation thermique ?

Aucun type n'est le meilleur dans tous les cas. Le choix dépend de la paroi, de la place disponible, du climat, de l'humidité, des exigences face au feu et du bâti existant. Le polyuréthane convient quand l'épaisseur est faible. La fibre de bois améliore le confort d'été. La laine de roche convient dès que la réaction au feu devient un critère décisif.

Peut-on combiner isolation par l'intérieur et par l'extérieur dans un même logement ?

Oui. Un même logement peut associer l'isolation par l'intérieur et l'isolation par l'extérieur : on parle alors d'isolation mixte.