Ingénierie du bâtiment

Aérothermique, définition : comprendre l'aérothermie

Définition et fonctionnement d'une pompe à chaleur aérothermique, différences avec la géothermie et place de l'aérothermie dans l'étude thermique RE2020.

BTBureau d'études BET-Thermique 27 octobre 2026 8 min
Aérothermique, définition : comprendre l'aérothermie

Le mot « aérothermique » désigne, dans le chauffage, un équipement qui récupère la chaleur de l'air extérieur pour chauffer un logement. Dans une construction neuve, ce choix s'intègre à l'étude thermique RE2020 du logement.

Qu'est-ce que l'aérothermie ?

Dans le domaine du chauffage, l'aérothermie consiste à prélever des calories dans l'air extérieur pour chauffer un logement. L'équipement qui assure ce prélèvement est une pompe à chaleur.

Maison moderne avec jardin et une pompe à chaleur extérieure près du mur, vue sur l’arrière de la demeure.

Définition d'une pompe à chaleur aérothermique

Une pompe à chaleur aérothermique déplace la chaleur au lieu de la produire. Contrairement à une chaudière, elle ne brûle ni gaz ni fioul : elle prélève une énergie déjà présente dehors et la restitue à l'intérieur.

  • Source captée : la chaleur de l'air, une énergie renouvelable disponible autour du logement.
  • Énergie d'appoint au fonctionnement : l'électricité alimente l'appareil pour permettre le transfert.
  • Principe physique : un transfert de chaleur, sans combustion.
  • Usage visé : le chauffage du logement à partir des calories de l'air.

Concrètement, cela signifie que l'appareil consomme de l'électricité pour faire circuler la chaleur, pas pour la fabriquer entièrement. Ce transfert repose sur un circuit fermé dont les étapes se répètent en continu.

Les étapes du cycle thermodynamique

Le transfert s'appuie sur un fluide frigorigène, un liquide capable de changer d'état à basse température. Ce fluide parcourt quatre organes successifs, qui forment un cycle thermodynamique fermé.

  • Évaporation : un ventilateur fait passer l'air extérieur sur l'évaporateur, où le fluide absorbe la chaleur et devient gazeux.
  • Compression : le compresseur, alimenté en électricité, comprime ce gaz et élève sa pression comme sa température.
  • Condensation puis détente : dans le condenseur, le fluide cède sa chaleur au logement et redevient liquide ; le détendeur abaisse ensuite sa pression et sa température.

Une fois détendu, le fluide retourne à l'évaporateur et le fonctionnement reprend. Reste à savoir à quoi la chaleur est cédée dans le condenseur : c'est ce qui distingue les deux familles de PAC.

Diffuser la chaleur par l'air ou par l'eau

Une PAC air-air diffuse la chaleur directement dans les pièces, par des unités soufflantes ou des gaines. Elle n'alimente pas de radiateurs hydrauliques et la production d'eau chaude sanitaire exige un équipement distinct.

À l'inverse, une PAC air-eau chauffe l'eau d'un circuit de chauffage central relié à un plancher chauffant, des radiateurs ou des ventilo-convecteurs. Elle peut aussi produire l'eau chaude sanitaire si elle a été prévue pour cet usage.

CritèrePAC air-airPAC air-eau
DiffusionUnités soufflantes ou gainesCircuit d'eau : plancher, radiateurs, ventilo-convecteurs
Eau chaude sanitaireÉquipement distinct nécessairePossible si le système est prévu
ConfigurationUnités intérieures soufflantesMonobloc (circuit frigorifique dans l'unité extérieure) ou bibloc (canalisations frigorifiques vers un module intérieur)
RefroidissementPossible en version réversiblePossible en version réversible, pas via des radiateurs classiques

Une pompe à chaleur réversible inverse le transfert pour assurer un refroidissement. Avec une PAC air-eau, la climatisation ne passe toutefois pas automatiquement par des radiateurs classiques : une eau trop froide y provoquerait de la condensation. Si vous envisagez la climatisation, les émetteurs doivent donc être choisis en conséquence.

Quelle performance attendre d'une PAC aérothermique ?

La performance d'un chauffage aérothermique se lit à travers plusieurs indicateurs, qui ne mesurent pas la même chose. Elle dépend ensuite du climat, des émetteurs et du dimensionnement.

Climatisation ou pompe à chaleur extérieure noire installée sur une dalle dans le jardin devant une maison.

Du COP aux consommations mesurées

Le COP, ou coefficient de performance, rapporte la chaleur fournie à l'électricité consommée dans des conditions définies : un COP de 4 donne 4 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité, dans ces conditions seulement. Le SCOP, saisonnier, découle d'un protocole de calcul. Pour comparer deux SCOP, vérifiez le climat de référence et la température de distribution retenus.

Sur le terrain, l'ADEME a suivi pendant une année complète 100 maisons individuelles françaises, dont 90 équipées de PAC air-eau et 10 de PAC géothermiques. Le SCOP moyen mesuré des PAC air-eau atteignait 2,9. Certaines installations dépassaient 4, d'autres restaient sous 1,8, d'où l'intérêt des conseils de l'ADEME pour maximiser la performance d'une PAC air-eau. Côté air-air, une étude de l'ADEME sur les consommations de 88 ménages passés de radiateurs électriques à une PAC air-air relève une consommation de chauffage divisée par deux en moyenne, sans permettre d'en déduire le SCOP réel.

L'effet du froid et du dégivrage

Lorsque la température extérieure baisse, la puissance de chauffage disponible peut diminuer. L'air contient encore de l'énergie exploitable sous 0 °C, mais un appoint peut devenir nécessaire dès que la PAC ne couvre plus les besoins du logement.

Le froid pose une seconde contrainte : du givre se forme sur l'évaporateur extérieur. La PAC peut alors lancer un dégivrage automatique qui interrompt momentanément le chauffage, et des dégivrages fréquents peuvent réduire la performance moyenne.

L'influence des émetteurs et du dimensionnement

Des radiateurs conventionnels demandent une eau autour de 70 à 80 °C, contre environ 35 à 40 °C pour des émetteurs basse température : réduire cet écart favorise la PAC air-eau. La puissance se calcule d'après les déperditions et le climat, pas la seule surface ; selon l'ADEME, un surdimensionnement peut augmenter la consommation et les cycles marche-arrêt. Une PAC bien dimensionnée peut rester performante dans un logement peu isolé, mais l'isolation demeure prioritaire.

Quelle différence entre aérothermie et géothermie ?

L'aérothermie et la géothermie reposent sur le même cycle de pompe à chaleur. Ce qui les sépare tient à la source de chaleur exploitée, et cette source conditionne à la fois les travaux et le comportement de l'équipement en hiver.

Deux systèmes illustrés : à gauche une unité extérieure avec ses conduits pour l’aérothermie et, à droite, un panneau

Deux sources de chaleur distinctes

Une PAC aérothermique prélève la chaleur de l'air, tandis qu'une pompe à chaleur géothermique récupère celle du sol ou d'une eau souterraine. Les deux sources ne réagissent pas de la même façon aux saisons.

  • Source aérothermique : l'air entourant le logement, capté par une unité posée dehors.
  • Source géothermique : le sol ou une nappe d'eau souterraine.
  • Mode de captage géothermique : des capteurs enfouis, horizontaux ou verticaux selon le projet.
  • Stabilité thermique : la température du sol varie généralement moins que celle de l'air.

Des contraintes d'installation différentes

En aérothermie, la PAC se contente d'une unité extérieure, sans captage enterré.

Une installation géothermique exige au contraire des travaux de captage, dont la faisabilité dépend de la configuration de la parcelle.

En pratique, l'unité extérieure demande elle aussi un emplacement réfléchi : une circulation d'air suffisante et un accès dégagé pour l'entretien.

Ce que la source change au projet

Grâce à la stabilité du sol, la performance d'une PAC géothermique subit moins directement les variations de la météo. Ce point ne garantit pas pour autant un meilleur bilan économique : les travaux de captage, le terrain et les conditions d'exploitation pèsent aussi.

Pour une PAC aérothermique, la vigilance porte sur le bruit : ventilateur, compresseur et vibrations peuvent gêner. Examinez la proximité de l'unité avec vos fenêtres et celles du voisinage avant de fixer son emplacement.

Quelle place pour l'aérothermie dans l'étude RE2020 ?

Dans une construction neuve, le choix d'une PAC ne se juge pas isolément : l'étude RE2020 évalue le logement entier. L'aérothermie y intervient comme un paramètre parmi d'autres, dont l'effet se mesure sur plusieurs indicateurs réglementaires.

Les résultats évalués pour le logement

La RE2020 s'applique aux maisons individuelles et aux logements collectifs de son champ depuis le 1er janvier 2022. La date de dépôt du permis détermine le régime applicable à votre projet. L'étude calcule ensuite plusieurs résultats.

  • Bbio : les besoins bioclimatiques conventionnels, liés à la conception et à l'enveloppe, indépendamment du générateur de chauffage dans son principe.
  • Cep et Cep,nr : la consommation conventionnelle d'énergie primaire, totale puis non renouvelable.
  • DH, Ic énergie et Ic construction : l'inconfort estival en degrés-heures, puis l'impact climatique des consommations et celui des composants et procédés.

Le système de chauffage agit surtout sur le Cep et le Cep,nr : l'énergie utilisée, les performances de l'appareil et ses auxiliaires entrent dans ces résultats.

Une PAC possible, sans conformité automatique

Une pompe à chaleur est un choix possible en logement neuf, mais la RE2020 ne l'impose pas et sa présence ne suffit pas à rendre le projet conforme. La conformité se joue sur l'ensemble : enveloppe, ventilation, production d'eau chaude et besoins de refroidissement.

Les PAC à compression électrique doivent par ailleurs atteindre, en chauffage, la classe A++ pour un régime d'eau à 35 °C et la classe A+ pour un régime à 55 °C.

La ventilation mérite une attention particulière : le référentiel Promotelec pour l'habitat neuf, édition juin 2025, relève des incompatibilités entre certaines PAC air-air et des configurations de VMC hygroréglable. Le brassage d'air d'une PAC air-air ne remplace pas la ventilation hygiénique du logement.

De l'étude à l'attestation RE2020

L'étude RE2020 s'appuie sur un logiciel réglementaire évalué par le ministère. Une fiche produit ou un COP de catalogue ne démontre donc pas la conformité du logement.

Selon le portail officiel RT-RE Bâtiment, une attestation accompagne le dépôt du permis et une autre la vérification à l'achèvement des travaux, sans obligation générale de recourir à un bureau d'études. Chez BET-Thermique, nous réalisons ces études et fournissons l'attestation nécessaire au permis sous 48 heures.

Etude-et-bilan-thermique

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Foire aux questions

À quelle fréquence faut-il entretenir une pompe à chaleur aérothermique ?

Selon le Code de l'environnement, l'entretien d'un système thermodynamique de 4 à 70 kW inclus ne peut pas être espacé de plus de 2 ans. Le premier intervient au plus tard 2 ans après l'installation ou le remplacement, et le professionnel vous remet une attestation au plus tard 15 jours après sa visite.

Pourquoi l'unité extérieure d'une pompe à chaleur rejette-t-elle de l'eau et de la vapeur en hiver ?

Ces rejets accompagnent le dégivrage automatique : le chauffage s'interrompt un instant, de l'eau s'écoule sous l'unité et un panache de vapeur apparaît. Prévoyez l'évacuation des condensats et de l'eau de dégivrage pour éviter un ruissellement gênant ou une zone glissante par temps de gel.

Une installation ou des réglages défaillants peuvent-ils dégrader la performance d'une pompe à chaleur ?

Oui. L'ADEME estime qu'environ un tiers des PAC observées dans sa campagne pourraient mieux fonctionner grâce à une meilleure installation ou à de meilleurs réglages. Sur une PAC air-eau, la température d'eau demandée, la régulation et le recours à l'appoint influencent directement la consommation réelle.

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