Choisir une isolation de garage par plaque à coller adaptée à chaque surface, mur mitoyen, plafond sous pièce habitée ou paroi extérieure, conditionne directement le confort thermique du logement et l’éligibilité aux aides financières. Le choix du matériau, de la fixation et de l’épaisseur doit donc être posé avant les travaux, que vous interveniez comme particulier, architecte ou maître d’œuvre.

Isoler un garage selon les parois prioritaires

Avant d’engager les travaux, identifiez les parois responsables des principales déperditions. Le mur séparant le garage du logement et le plafond sous une pièce chauffée sont généralement prioritaires. Les parois donnant sur l’extérieur ou sur un volume non chauffé viennent ensuite, car leur traitement améliore néanmoins la stabilité thermique de l’ensemble du bâtiment. Pour comparer les techniques et les coûts liés à l’ isolation garage, consultez les solutions disponibles avant de lancer le chantier.

Illustration d’un garage avec isolation par plaque à coller sur les murs et le plafond, chaleur retenue et circulation d’air montrées.

Identifier les déperditions du garage

Un plafond de garage non isolé peut représenter jusqu'à 10 % des pertes de chaleur de la maison. Le traiter par le dessous évite de déposer le revêtement de sol de la pièce située au-dessus. La résistance thermique R, exprimée en m²·K/W, reste le principal critère de comparaison entre les isolants : elle correspond à l’épaisseur du matériau divisée par sa conductivité thermique λ. Si vous souhaitez isoler votre garage vous-même, gardez toutefois à l’esprit que les aides financières exigent une pose réalisée par un artisan certifié RGE. Pour déterminer l’épaisseur adaptée, le guide des épaisseurs de placo isolant apporte une base de calcul utile.

  • Plafond sous logement chauffé : priorité absolue, avec jusqu'à 10 % des déperditions totales en l’absence d’isolation; le traitement s’effectue par le dessous, sans intervention sur le sol de la pièce.
  • Mur séparatif garage-logement : surface fortement sollicitée, à traiter en second si le plafond est déjà isolé, avec un objectif R ≥ 3,7 m²·K/W selon la RE2020.
  • Parois extérieures : moins prioritaires pour un garage non chauffé, mais intéressantes pour limiter les variations de température et protéger les équipements stockés.

Les jonctions entre le mur et le plafond concentrent souvent les ponts thermiques. Même un isolant correctement dimensionné perd de son efficacité si les raccords restent discontinus ou mal étanchés. La technique de pose doit intégrer ces points singuliers dès la conception. Elle peut également améliorer l’acoustique lorsque les complexes de doublage à coller associent une âme isolante dense à un parement rigide.

Avant de poser les plaques ou les panneaux, vérifiez que le taux d’humidité du garage reste inférieur à 70 %. Cette précaution limite les risques de condensation et la dégradation prématurée des isolants. Le support doit être sain, sec et plan pour garantir l’adhérence du collage. Nettoyage, primaire d’accrochage et traitement des raccords représentent un surcoût estimé entre 5 et 10 €/m², à intégrer au chiffrage initial.

Choisir entre garage chauffé ou non

Dans un garage non chauffé, l’objectif consiste surtout à réduire les échanges avec les pièces habitables. Toutes les parois ne nécessitent donc pas le même niveau de performance. Lorsqu’un mur en parpaing sépare le garage du logement, l’isolation de ce mur de garage en parpaing devient prioritaire, car le parpaing seul offre une résistance thermique insuffisante. Pour connaître les valeurs cibles selon le type de paroi, les normes d’isolation de plafond RT 2020 précisent les résistances thermiques minimales à viser.

Préparer le support avant les travaux

La qualité du support détermine la tenue des plaques et la continuité de l’isolation. Un béton fissuré, une brique poussiéreuse ou un parpaing humide compromet l’adhérence du collage et crée des ponts thermiques locaux. La préparation comprend le rebouchage des fissures, l’application d’un primaire adapté et le contrôle de la planéité avant la mise en place des panneaux rigides.

  • Vérification de l’humidité : mesurez l’humidité résiduelle et assurez-vous qu’elle reste inférieure à 70 % avant tout collage ou vissage.
  • Nettoyage et dépoussiérage : éliminez les graisses, poussières et traces de laitance susceptibles de réduire l’adhérence de la colle ou du primaire.
  • Planéité et rebouchage : comblez les irrégularités supérieures à quelques millimètres afin d’obtenir un contact homogène entre la plaque et le support.

Une préparation soignée représente un surcoût limité par rapport à une pose brute, mais elle prolonge la durée de vie du système et réduit les risques de décollement. Prévoyez enfin le traitement des joints entre panneaux pour maintenir la continuité de l’enveloppe isolante.

Comparer les plaques isolantes rigides à coller

Les plaques isolantes rigides se différencient par leur conductivité thermique λ, leur réaction à l’humidité et l’épaisseur nécessaire pour obtenir une résistance thermique R donnée. Le choix entre polystyrène, polyuréthane et matériaux biosourcés dépend du support, de l’espace disponible et du niveau de performance recherché.

Polystyrène expansé pour un mur régulier

Le polystyrène expansé (PSE) présente une conductivité thermique comprise entre 0,032 et 0,038 W/m·K. Facile à découper et abordable, il convient à une rénovation menée avec un budget maîtrisé. L’isolation d’un garage avec des plaques en polystyrène constitue une solution adaptée aux supports plans en béton ou en brique.

Pour renforcer la performance thermique d’un mur, une épaisseur de 12 à 17 cm est recommandée selon l’exposition et la zone climatique du projet.

  • Conductivité thermique : λ entre 0,032 et 0,038 W/m·K, valeur utilisée dans le calcul R = épaisseur / λ pour chaque configuration de mur.
  • Épaisseur recommandée sur mur : 12 à 17 cm pour une performance renforcée, à ajuster selon la zone climatique H1, H2 ou H3 du projet.
  • Comportement à l’humidité : le PSE présente une sensibilité modérée. Il est à éviter sur les supports régulièrement en contact avec l’eau ou soumis à d’importantes condensations.

Le gain thermique réel dépend de l’épaisseur posée, mais aussi de la qualité des joints entre panneaux et du traitement des retours d’angles. En revanche, un support irrégulier ou encore humide peut justifier le recours à un autre matériau.

XPS et polyuréthane au plafond d’un garage

Le polystyrène extrudé (XPS) est beaucoup moins sensible à l’eau que le PSE. Sa conductivité thermique se situe autour de 0,034 à 0,036 W/m·K. L’isolation du plafond d’un garage par collage direct de panneaux en polystyrène extrudé convient aux sous-faces en béton ou en brique exposées à des variations hygrométriques. Sa densité lui apporte aussi une résistance mécanique à la compression supérieure à celle du PSE.

Le polyuréthane (PUR/PIR) affiche une conductivité thermique d’environ 0,022 W/m·K, la plus faible parmi les isolants rigides courants. 60 mm de PUR suffisent là où 100 mm de PSE seraient nécessaires. Des panneaux rigides de 80 mm atteignent environ R = 3,6 m²·K/W et franchissent le seuil de R ≥ 3 m²·K/W requis pour certaines aides financières.

Matériauλ (W/m·K)Comportement humiditéÉpaisseur pour R = 3,6Usage privilégié
PSE0,032–0,038Sensibilité modérée≈ 115–135 mmMur régulier en rénovation
XPS0,034–0,036Très faible≈ 122–130 mmMur enterré, support humide
PUR/PIR0,022Faible≈ 80 mmPlafond à faible hauteur
Fibre de bois0,039Régulation hygro.≈ 140 mmBâti ancien, rénovation douce
Liège expansé0,037–0,041Imputrescible≈ 135–150 mmHumidité persistante

Choisir selon humidité et encombrement

L’humidité du garage constitue le premier critère de sélection. Un support soumis à des remontées capillaires ou à des condensations fréquentes s’oriente vers le XPS ou le liège expansé, tous deux peu sensibles à l’eau. À l’inverse, un mur sec et plan accepte le PSE ou le PUR sans risque particulier de dégradation prématurée. La conformité se joue sur la capacité de l’isolant à conserver ses propriétés dans le temps, et pas uniquement sur sa valeur λ au moment de la pose.

  • Support humide ou enterré : privilégier le XPS (λ = 0,034–0,036 W/m·K) ou le liège expansé, imputrescible et perméable à la vapeur d’eau.
  • Hauteur sous plafond limitée : le PUR/PIR (λ = 0,022 W/m·K) permet d’atteindre R = 3,6 avec seulement 80 mm, tout en préservant le volume utile.
  • Bâti ancien en rénovation : la fibre de bois (λ = 0,039 W/m·K, capacité thermique 2 100 J/kg·K) favorise une régulation hygrométrique intéressante dans les murs épais.

L’encombrement total ne se limite pas à l’épaisseur de l’isolant. Il faut également compter le parement éventuel ainsi que les ajustements autour des portes ou des fenêtres. Au-delà de 40 mm, les menuiseries existantes peuvent nécessiter un recalibrage pour continuer à fonctionner correctement. Lorsque plusieurs parois sont traitées, vérifiez l’emprise finale avant le chantier.

Les isolants synthétiques comme le XPS et le PUR demandent une attention particulière vis-à-vis des écarts au feu : leur résistance à la flamme est inférieure à celle des laines minérales. Les écarts minimaux à respecter figurent dans les avis techniques des produits. Un professionnel qualifié intègre ces paramètres dès la conception du traitement thermique.

Isoler le plafond d'un garage sous hourdis

Le plafond d'un garage est souvent la paroi la plus simple à traiter, sans démonter le plancher situé au-dessus. Deux techniques principales existent : le collage ou le vissage direct de panneaux rigides sur la sous-face, et la création d'un faux plafond sur suspentes avec un isolant en rouleau ou en panneau. Le choix dépend de la planéité du support, des réseaux présents et du niveau de performance thermique recherché.

Collage direct sur sous-face plane

Sur un plafond de garage en béton plein, en brique ou sous hourdis, des panneaux rigides en polystyrène ou en polyuréthane peuvent être collés ou vissés directement si la surface est stable et plane. Pour isoler un plafond d'un garage sous hourdis, le PUR ou le PIR permet d'atteindre R = 3,6 m²·K/W avec seulement 80 mm d'épaisseur, ce qui préserve la hauteur disponible. La technique est rapide et limite le coût de main-d'œuvre, à condition de qualifier correctement le support.

  • Préparation du support : nettoyez et dépoussiérez le béton ou la brique, puis appliquez un primaire d'accrochage adapté avant de poser les panneaux.
  • Fixation mixte par collage et vissage : la colle assure un contact régulier, tandis que les vis ou les chevilles maintiennent le panneau pendant la prise et résistent aux vibrations.
  • Joints entre panneaux : traitez soigneusement les raccords à l'aide d'un adhésif compatible afin de supprimer les chemins d'air qui dégradent la résistance thermique globale.
  • Hauteur sous plafond inférieure à 2,10 m : privilégiez le PUR ou le PIR; une épaisseur de 65 à 80 mm suffit à dépasser R = 3 m²·K/W, seuil usuel d'éligibilité aux aides.

Des panneaux rigides collés directement ne permettent pas toujours de fixer ensuite un luminaire ou une autre charge sur le parement. Les ancrages doivent donc être prévus dans le béton porteur avant de fixer l'isolant. Lorsque la performance visée est élevée, cette solution peut aussi représenter un investissement important : jusqu'à environ 100 €/m² pour atteindre R = 4, selon le système retenu.

Faux plafond pour réseaux et finitions

Lorsque la sous-face est irrégulière, encombrée de gaines ou marquée par des solives apparentes, un faux plafond sur suspentes fournit une structure régulière. Les fourrures sont posées sur des lignes espacées de 50 à 60 cm, avec des suspentes distantes de 1,20 m au maximum, afin de garantir la rigidité sous le poids du parement. L'isolant, en panneau semi-rigide ou en rouleau, est glissé perpendiculairement aux fourrures sans comprimer les gaines. Un isolant avec un pare-vapeur intégré simplifie alors la mise en œuvre, sous réserve de vérifier la compatibilité du film avec les exigences hygrothermiques du bâtiment.

Ce plafond suspendu réduit la hauteur disponible de 5 à 25 cm selon l'épaisseur choisie. En contrepartie, le système facilite l'étanchéité à l'air sur les portées supérieures à 4 m, lorsque les déformations du support compliquent le collage direct. Une finition en plaque BA13 standard ou en BA10 pour les sous-faces légères complète l'ensemble, avec un parement peint ou carrelé selon l'usage du garage.

Étanchéité et isolant avec pare-vapeur intégré

Une membrane pare-vapeur continue limite les risques de condensation dans l'isolant, surtout lorsque le garage jouxte une pièce chauffée présentant une forte hygrométrie. Déroulez la membrane avec un débord de 20 cm sur les murs périphériques, puis rendez chaque jonction étanche avec un adhésif compatible. Toute interruption, même ponctuelle, peut créer un chemin de vapeur et dégrader l'isolant à long terme.

Autour des gaines électriques, des tuyaux et des boîtes de dérivation, l'isolant ne doit pas être comprimé pour remplir un espace résiduel. Cette compression diminue son épaisseur effective et donc sa résistance thermique. Des découpes ajustées au plus près des réseaux, complétées si nécessaire par un isolant souple, maintiennent la continuité thermique sans fragiliser le faux plafond.

  • Débord du pare-vapeur : prévoyez 20 cm de retour sur chaque mur périphérique; fixez ce débord avec l'adhésif compatible avant de poser le parement pour éviter tout glissement en cours de chantier.
  • Points singuliers : pour les passages de tuyaux de diamètre supérieur à 40 mm, complétez la découpe avec un isolant souple en mousse afin d'éviter tout jour résiduel.
  • Jonctions entre panneaux : utilisez un adhésif compatible sur les raccords pour limiter les ponts thermiques linéaires entre les lés ou les panneaux voisins.
  • Vérification avant fermeture : contrôlez visuellement la continuité de la membrane avant de poser le parement; une reprise après fermeture reste coûteuse et incomplète.

Un panneau PUR de 80 mm, théoriquement donné pour R = 3,6 m²·K/W, peut passer sous le seuil d'éligibilité aux aides si les raccords périphériques sont mal traités. La conformité se joue sur la qualité globale du système, et non sur la seule valeur λ de l'isolant sélectionné.

Isoler un mur intérieur avec un doublage collé

Le mur séparatif entre le garage et le logement constitue une surface d’échange thermique continue. Des plaques de plâtre doublées d’isolants permettent de réaliser cette isolation sans ossature métallique, à condition que le support soit suffisamment plan. Ce type de doublage, collé ou vissé, convient aux murs droits en béton, en brique ou en parpaing. Sa mise en œuvre est généralement plus rapide que celle d’un système sur rails.

Mur en briques légères éclairé par un dégradé bleu/orange, façade murale robuste prête à isolation; sujet: isolation garage plaque à coller proposée.

Doublage collé ou ossature métallique

Isoler un garage par l’intérieur peut se réaliser selon deux solutions : le doublage collé directement sur la maçonnerie ou la pose sur une ossature métallique. Le doublage collé est plus rapide et moins coûteux lorsque le mur est rigoureusement plan. À l’inverse, l’ossature métallique compense les irrégularités du support, facilite le passage des gaines techniques et limite les ponts thermiques résiduels. La conformité se joue sur l’adéquation entre l’état réel du mur et la technique retenue, plutôt que sur le seul coût initial.

Une épaisseur de 20 mm sert surtout de complément à une isolation existante; de 40 à 80 mm, le compromis entre encombrement et performance convient à la plupart des travaux de rénovation courants. Les épaisseurs de 100 à 140 mm s’adressent aux projets de rénovation plus ambitieux, lorsque la résistance thermique recherchée est élevée. Une plaque doublée de 40 mm avec film intégré préserve la surface utile du garage tout en apportant une amélioration thermique cohérente.

Fibre de bois, liège et laines

La fibre de bois, avec λ = 0,039 W/m·K et une capacité thermique de 2 100 J/kg·K, contribue à la régulation hygrométrique des bâtis anciens à murs épais. Le liège expansé, imputrescible et perméable à la vapeur d’eau, limite les désordres liés à une humidité persistante.

Un pare-vapeur pour l’isolation du sol peut également être pertinent en pied de mur lorsque la dalle est en contact avec le terrain naturel et que des remontées capillaires sont avérées. Cette disposition doit toutefois être intégrée à une analyse complète de l’humidité, afin de ne pas bloquer le séchage de la maçonnerie.

  • Fibre de bois 160 mm : R ≈ 4,10 m²·K/W, régulation hygrométrique naturelle et capacité thermique élevée pour amortir les variations de température diurnes.
  • Liège expansé 200 mm : R ≈ 5,4 m²·K/W, matériau imputrescible et perméable à la vapeur d’eau, adapté aux supports exposés à une humidité structurelle persistante.
  • Laine de roche sur ossature : sa densité, supérieure à celle de la laine de verre, améliore l’affaiblissement acoustique en complément du traitement thermique.
  • PUR/PIR 60 mm : R ≈ 2,7 m²·K/W, soit un équivalent thermique d’environ 100 mm de PSE. Les PUR/PIR conviennent lorsque l’épaisseur est la contrainte principale.

La capacité thermique des matériaux biosourcés ralentit les variations de température intérieure et peut améliorer le confort d’été dans un garage non climatisé. Cette inertie ne remplace pas une résistance thermique suffisante, mais elle apporte un bénéfice secondaire mesurable dans les zones climatiques soumises à de fortes amplitudes journalières. Les isolants synthétiques à faible λ restent toutefois plus performants lorsque l’épaisseur disponible est la contrainte principale.

Gérer le pare-vapeur près du sol

En pied de mur, la jonction entre l’isolant vertical et le sol du garage constitue un point sensible sur le plan hygrométrique. Une membrane hygrovariable côté chaud, posée avant le doublage isolant, régule les transferts de vapeur tout en permettant au mur de sécher dans les deux sens. Son raccord avec le sol doit être soigneusement adhésivisé afin d’éviter les infiltrations d’humidité sous le doublage. Conservez environ 1 cm entre le bas de la plaque de plâtre et le sol : cet espace limite les remontées capillaires et facilite la finition en plinthe.

La continuité entre le pare-vapeur vertical et le traitement horizontal du plancher bas conditionne la durabilité de l’ensemble. Même un doublage correctement posé sur le mur perd une partie de son efficacité si l’humidité remonte depuis une dalle non traitée et sature progressivement l’isolant par sa base. Ce raccord doit donc être prévu dès la conception, plutôt que reporté en fin de chantier, afin de sécuriser la longévité des travaux d’isolation.

Optimiser les travaux thermiques et la porte du garage

Une fois les parois principales traitées, les performances d’un garage isolé dépendent de la continuité de l’enveloppe. Un pont thermique résiduel au niveau de la porte ou une jonction mal traitée peut réduire les bénéfices obtenus sur le mur et le plafond de garage. L’optimisation consiste donc à atteindre la résistance thermique visée sur chaque surface, à mobiliser les aides disponibles et à considérer la porte comme un élément à part entière du système d’isolation.

Atteindre les résistances thermiques attendues

La conformité d’une isolation de garage par plaque à coller aux seuils ouvrant droit aux aides repose sur une valeur R ≥ 3 m²·K/W pour le plafond du garage. Pour les murs, la RE2020 fournit un repère de R ≥ 3,7 m²·K/W dans les constructions neuves, à adapter selon la zone climatique et la composition globale de l’enveloppe.

Les zones H1, H2 et H3 influencent directement l’épaisseur à retenir. En zone H1, plus rigoureuse sur le plan climatique, une épaisseur supérieure est généralement pertinente.

  • Plafond de garage, seuil pour les aides : R ≥ 3 m²·K/W, atteint avec 80 mm de PUR/PIR ou 100 à 120 mm de PSE selon le λ du produit retenu.
  • Mur de garage, repère RE2020 : R ≥ 3,7 m²·K/W, soit 60 à 80 mm de PUR ou 100 à 140 mm de fibre de bois, à ajuster selon l’exposition climatique.
  • Zone climatique H1 : une épaisseur supérieure à la valeur de base est recommandée, car les écarts de température extérieure sont plus importants et plus prolongés que sur le littoral ou dans le Sud.
  • Calcul R sur site : avec 60 mm et un λ de 0,038, R ≈ 1,58 m²·K/W. Cette valeur reste insuffisante seule pour atteindre les seuils visés.

La RE2020 s’apprécie à l’échelle globale du projet et ne se résume pas à une épaisseur unique. Le chauffage, la ventilation, les ponts thermiques et l’étanchéité à l’air participent ensemble au résultat. Dès lors que le garage est contigu à une zone chauffée, chaque paroi non traitée diminue l’efficacité des autres.

Cette méthode limite les déperditions les plus pénalisantes avant de traiter les éléments complémentaires.

Aides et intervention d’un professionnel RGE

Pour isoler un garage contigu à une zone chauffée tout en bénéficiant des aides à la rénovation, le recours à un artisan certifié RGE est requis. Les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) constituent le principal dispositif applicable aux travaux d’isolation des planchers bas et des plafonds de garage, sous conditions de ressources, de logement et de configuration du chantier.

Selon les conditions applicables, ces CEE peuvent être cumulés avec une TVA réduite à 5,5 % et un éco-prêt à taux zéro. Le reste à charge du particulier peut ainsi diminuer sensiblement. La conformité se joue sur le respect des critères administratifs autant que sur la qualité de la mise en œuvre.

Une autoconstruction avec des panneaux rigides reste techniquement possible, mais elle ne permet habituellement pas de mobiliser ces dispositifs d’aide. Le coût apparent d’une pose réalisée soi-même peut donc être moins avantageux qu’une installation professionnelle éligible aux aides, notamment sur des surfaces importantes. Avant d’ installer les premiers panneaux, sollicitez plusieurs devis auprès d’artisans RGE afin de comparer le coût net après déduction des aides disponibles.

Les travaux d’isolation réalisés par un professionnel RGE permettent aussi de vérifier le traitement des jonctions et la continuité du pare-vapeur.

Compléter l’isolation de la porte

La porte de garage constitue un pont thermique important, même lorsqu’elle possède un doublage en polyuréthane. Les kits adhésifs en mousse isolante forment une solution complémentaire pour les portes battantes, coulissantes ou motorisées. Un isolant mince souple de 6 cm peut atteindre R = 3,6 m²·K/W lorsqu’il est collé directement sur le vantail. Il crée également une barrière contre le rayonnement estival, avantage utile dans les garages exposés au sud ou à l’ouest.

L’étanchéité périphérique reste toutefois le facteur limitant principal. Pour une porte battante, un joint en partie basse est indispensable afin de limiter les infiltrations d’air froid depuis le sol. Sur une porte sectionnelle, les fuites latérales et supérieures sont plus complexes à traiter et nécessitent des joints profilés adaptés à la géométrie du cadre.

Sans étanchéité périphérique soignée, le matériau isolant posé sur le vantail n’offre qu’une amélioration partielle. L’ adhésif ne peut alors compenser les défauts du cadre, des joints ou du seuil. À privilégier dès que la porte présente des fuites mesurables : traiter d’abord ces points, puis compléter avec le panneau isolant.

Foire aux questions

Quelle épaisseur de plaque isolante faut-il coller au plafond d'un garage pour bénéficier des aides financières ?

Pour accéder aux principaux dispositifs d’aide, notamment aux Certificats d’Économie d’Énergie, l’isolant posé au plafond d’un garage doit atteindre une résistance thermique R ≥ 3 m²·K/W. Cela correspond généralement à environ 80 mm de polyuréthane (PUR/PIR, λ = 0,022 W/m·K), ou à 100–120 mm de polystyrène expansé selon la conductivité du panneau choisi. Les travaux d’isolation doivent être réalisés par un artisan certifié RGE : une autoconstruction ne permet habituellement pas d’obtenir ces aides.

Vaut-il mieux coller directement les panneaux isolants sur le mur ou poser une ossature métallique dans un garage ?

Le collage direct convient à un mur plan, sain et sec. Cette technique est rapide et économique pour un mur de garage en béton ou en brique, sans irrégularités importantes. À l’inverse, une ossature métallique est préférable lorsque le support est humide ou irrégulier, ou lorsqu’il faut loger des gaines dans l’épaisseur du doublage.

L’ossature limite les ponts thermiques résiduels et améliore l’isolation acoustique, notamment avec de la laine de roche derrière une plaque de plâtre. Elle laisse aussi davantage de possibilités pour fixer ultérieurement des éléments sur la paroi. Le support doit toutefois être vérifié avant de poser les isolants : aucune solution ne compense durablement un mur présentant des infiltrations.

Comment choisir entre polystyrène, polyuréthane et fibre de bois pour isoler les murs d'un garage ?

Le polyuréthane (PUR/PIR, λ = 0,022 W/m·K) est à privilégier dès que l’espace disponible est limité : 60 mm offrent une performance équivalente à environ 100 mm de polystyrène expansé. Le polystyrène (PSE, λ = 0,032–0,038 W/m·K) reste économique pour un mur régulier et sec, avec une épaisseur de 12 à 17 cm pour renforcer la performance thermique.

La fibre de bois (λ = 0,039 W/m·K) convient particulièrement aux rénovations de bâti ancien, lorsque la régulation de l’humidité et l’inertie thermique comptent autant que la résistance thermique. Une épaisseur de 160 mm permet alors d’atteindre R ≈ 4,10 m²·K/W.